7 commentaires sur “expertise et partage: Chabbat

  1. Un Chabbat créatif ?

    Comme point de départ, j’en reviens aux fondamentaux. Chabbat signifie « cessation », du coucher du soleil vendredi « Chkia » à la sortie des étoiles « Tset hako’havim » du lendemain, samedi. On cesse le cours de ses activités, on arrête de courir, ce jour là est consacré à D., à la conscience et au bonheur d’être vivant.
    Considérant les 39 interdits, je construis le cadre dans lequel je vais pouvoir créer une journée ex-traordinaire. Par ces règles, je m’inscris dans la continuité de l’histoire des générations qui m’ont précédée, dans cette lignée d’hommes et de femmes qui ont transmis les mêmes rituels, cet héritage, gage de paix et de rassemblement.
    Comme tout ce qui unit rend fort, je m’y attèle sans trop rechigner sur ce qui en ferait le bien fondé parce qu’en dehors de la halaHa, il n’y a pas grand chose à trouver, dit Eliezer Schweid. Et parce qu’il y a une joie réelle à danser avec le monde et à expérimenter.

    Nous allumons deux bougies au coucher du soleil. Chabbat s’inscrit dans la rencontre avec l’autre, dans l’altruisme. Je deviens attentif aux êtres qui m’entourent.
    Préparer un bon repas nécessite du temps et implique d’y avoir pensé en amont, c’est un effort. J’ai invité mes camarades du cursus de conversion et comme c’était nouveau, ça avait l’attrait des premières fois.
    Je réalise que si je devais concocter un repas toutes les semaines, ce serait la barbe ! Il faut donc varier, sortir du connu, de l’habituel…Chabbat c’est le changement, le mouvement, l’inattendu. Ne doit on pas laisser la porte ouverte à l’inconnu(e) qu’on accueillera avec chaleur ?
    Ce qui me paraît important, c’est peut être de considérer ce temps d’arrêt et ces interdits pour ce qu’ils signifient au delà de ce qu’ils semblent dire. Finalement, arrêter toute action, une fois par semaine relève du bon sens. Ne serait ce que pour prendre des forces et faire le point avec soi même. Cette réflexion m’a ramené vers le Michkan, notre résidence intérieure. Comment peut-on créer en soi cet espace imprenable, cette forteresse de paix (pour reprendre les paroles de notre Rabbi) sans un moment de silence, sans briser le rythme ?
    Ce temps où D. s’est retiré du monde est un temps pour nous retirer en nous même.
    Permettre à ce qui doit arriver d’arriver, étirer le temps, laisser libre court à son imagination… n’est ce pas aussi une façon d’ouvrir sa porte à l’inconnu ? La créativité vient souvent dans cet état d’esprit, celui qui permet d’être traversé.
    Faire Chabbat c’est faire le vide. Faire Chabbat c’est devenir l’artiste de sa propre vie.

    « Commencer par soi, et non finir par soi » dit Martin Buber, il me semble que ces paroles parlent merveilleusement du jour de Chabbat, et de l’esprit du judaïsme.

    Pour moi Chabbat, c’est rentrer chez moi, m’ancrer sur la terre ferme, inventer un jour nouveau, partager, se remplir de délices spirituels et bien réels… pour ne repartir que mieux.

    Shalom

    K.E.

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    • Shabbat ne serait-il pas finalement un présent dont on prend conscience. Conscience de l’essentiel. J’aime beaucoup votre texte pour moi la vie est autant individuelle que collective. Et notre existence se nourrit de cette équilibre

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  2. Lorsque je pense au Chabbat, je pense à la joie.

    Non pas l’Oneg Chabbat de la journée du samedi (que je n’ai pas encore pratiqué) mais la simple joie du démarrage du Chabbat le vendredi soir dans quelques détails : l’office, les bougies, les poèmes.

    Le fait de partir tôt du travail pour se rendre à la synagogue, y retrouver des visages familiers, voir briller les bougies du Chabbat.

    Ces 2 bougies qui me font tant penser à ma grand-mère. Elle qui n’était pas pratiquante mais qui allumait tout de même chaque vendredi soir 2 petites bougies.

    La joie de se retrouver et de chanter ensemble des chants si anciens, qui pourtant pour moi, il y a quelques mois, m’étaient inconnus.

    LeHa Dodi par exemple, dont je ne connais pour le moment que le refrain :

    « LeHa dodi likrat kallah
    pnei Chabbat nekabelah »
    (Va, mon bien-aimé, au-devant de la fiancée :
    le Chabbat paraît, nous allons le recevoir)

    Le plaisir également de lire le poème de Haïm Bialik, auteur que j’aime tant et dont je ne pensais pas découvrir un poème dans le Siddour lors de mon premier Chabbat à la synagogue :

    « Au sommet des chênes le soleil disparaît.
    Allons au devant de la reine Shabbath.
    La voici qui s’en vient, la sainte, la bénie,
    Et avec elle des anges – l’armée de la paix.
    Viens, viens, ô reine !
    Viens, viens, ô fiancée !
    Salut à vous, anges de la paix. »

    Le plaisir de discuter avec les camarades du cycle de conversion, un Chabbat, autour de la lumière de 2 flammes, sur la façon dont il convient d’allumer les bougies.

    Faut-il de ses mains se couvrir les yeux ou bien couvrir les flammes, le temps de réciter la bénédiction :

    « BarouH ata Adonaï, élohénou méleH ha’olam, acher kidéchanou bémitsvotav, vétsivanou léhadlik ner chèl Chabbat »
    (Béni sois-Tu, Adonaï, notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous as sanctifié par Tes commandements et nous a ordonné d’allumer la lumière du Chabbat)

    Le Chabbat, c’est donc pour moi le plaisir d’un lieu, de rencontres, de partages et surtout d’un apprentissage en cours.

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  3. L’importance du repas à Shabbat

    Shabbat occupe une place centrale dans la vie juive. Le jour du Shabbat, le monde est achevé et l’homme accompli. Le Shabbat est le rappel hebdomadaire de cet accomplissement, il rappelle la création du monde et la sortie d’Egypte.
    Shabbat commence dès la tombée de la nuit du vendredi soir jusqu’à sa sortie le samedi soir.
    Considéré comme un jour de repos, le Shabbat ouvre des perspectives nouvelles, une autre façon d’accueillir le monde et de définir le temps.

    Notre société ou du moins la façon dont nous vivons et ressentons le temps ne laisse guère de place à recevoir. Accueillir le shabbat c’est aussi une organisation. La préparation est une étape essentielle notamment pour le repas shabbatique.

    La préparation :

    Avant le début du shabbat on prendra soin d’arranger la maison, d’organiser et de préparer le repas en amont.

    Le respect du Shabbat :

    Plusieurs règles doivent être respectées pendant Shabbat, dans notre cas j’en énumérerais qu’une seule : “Il est interdit d’utiliser une source de chaleur pendant Shabbat”
    Cette règle provient de la Halakha or le terme Halakha que certains traduisent par “loi”, vient de la racine racine « halakh », qui signifie « aller », « marcher ». Le coté figé serait alors démenti pour laisser place à une pensée, un moteur, une démarche.
    Afin de pouvoir conserver ses aliments au chaud on peut user de plusieurs techniques, tel qu’une marmite ou couscoussier mais aussi au moyen d’un blekh (plaque de cuivre posée sur un gaz allumé) ou d’une plaque de Shabbat (plata). L’idée demeure : privilégier des grands plats qui sont mitonnés, et qui se gardent au chaud facilement.

    « Appelle le Chabbat un délice » – Isaïe 58, 13.

    Par ailleurs l’on retrouve sur internet de nombreuses recettes spécifiques pour

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  4. c’est mon deuxième chabbat, que je viens de passer, j’ai sentis plus de joie que le premier et je suis tellement désireux de le retrouver la semaine prochaine, j’ai retrouver la foie dans le judaïsme. Je vous demande de prier pour moi , j’ai choisis de suivre le chemin des fils d’Israël. Shalom

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  5. J’ai choisit de parler des « Zémirot  » (ça veut simplement dire « chants » en hébreu). Ce sont sont des chants que l’on chante avant et après les repas de shabat. Les textes sont en général des poèmes et des piyoutim (poèmes liturgiques) écrits au cours des âges. Ils sont écrits pour la plupart en hébreu et certains en araméen, ils font référence aux lois shabatiques, à leur observance, aux coutumes, à la récompense promise à celui qui observe le shabat, au prophète Elie et à la louange de D.

    Selon Rachi, chanter des zemirot à la fin du shabat est une coutume justifiée, de même que les citoyens d’un pays accompagnent de leur voix, du luth, et de la harpe les sorties du roi, de même les juifs accompagnent la fin du shabat, personnifié en reine, dans la joie et les chants.

    Chez les ashkénazes, il existe un corpus traditionnel de 25 zemirot divisé en 3 groupes: vendredi soir, samedi matin et fin du shabat. Bien que recueillis par des ahkénazes, ces chants incluent ceux de poêtes hébraiques d’Espagne, comme Doumach Ben Labrat, Yéhouda Ha-levi et Abraham Ibn Ezra.

    Chaque communauté a inventé ses propres mélodies. Les communautés hassidiques expriment leur enthousiasme et leur élévation spirituelle par une grande variété de mélodies dont les airs sont souvent empruntés à ceux des pays d’accueil.

    Allez, on va en choisir un pour entrer dans le concret:

    Ki eshmekha Shabat, écrit par Abraham Ibn Ezra (1089 – 1164)
    Si j’observe le shabat

    Si j’observe le Chabbath comme il convient, Hachem me gardera, car c’est un signe perpétuel entre Lui et moi

    Il est interdit de trouver quelque objet (c’est-à-dire de s’occuper d’affaires de la semaine), et de faire des trajets [à marche forcée comme les autres jours, ainsi qu’il est écrit : « Si tu te gardes de (profaner) le Chabbath , de faire tes propres affaires en Mon saint jour, si tu appelles le Chabbath (tes) délices, (et) honorable le saint (jour) de Hachem , et si tu l’honores en t’abstenant de suivre tes propres chemins, de t’occuper de tes intérêts et de dire des paroles (vaines)… » (Isaïe 58, 13)]. Il est également prohibé d’aborder des sujets en rapport avec les besoins [à savoir les activités de la semaine], que ce soit sur des sujets commerciaux ou sur des questions « de rois », [c’est-à-dire de sujets politiques]. Je m’y consacrerai à la Tora divine et me cultiverai.

    En lui je trouverai toujours à reposer mon âme [des fatigues des jours de semaine]. A la première génération Il a donné ce qui m’est saint, [la Tora ], ainsi qu’un prodige lorsqu’Il a donné une double ration [de manne] le sixième jour ( Chemoth 16, 22), doublant ce jour-là ma nourriture.

    Il a incorporé dans la loi de ce jour-là un précepte pour ses vassaux [les kohanim , chargés d’arranger devant Lui les pains de proposition ( Wayiqra 24, 8)]. Aussi Ses Sages ont-ils interdit de jeûner en ce jour [ Yerouchalmi Ta‘anith 17a], sauf le jour de Kippour [lorsqu’il tombe le Chabbath ], consacré au pardon de mes fautes.

    Ce jour est honoré, jour de plaisirs [de la table] : du pain, du bon vin, de la viande et des poissons. Ceux qui y sont en deuil y cherchent la joie, [car le deuil est suspendu pendant Chabbath ], car c’est jour de plaisirs, et Il me réjouit.

    Celui qui le profane en y faisant un travail, sa destinée sera d’être retranché [de la collectivité d’Israël ] ; aussi me purifié-je mon cœur avec du salpêtre [allusion au verset : « Quand tu te laverais avec du salpêtre, et que tu emploierais beaucoup de potasse, ton iniquité reste marquée devant moi, dit le Seigneur, Hachem » (Jérémie 2, 22). J’y prie vers Lui soir et matin, moussaf et aussi min‘ha , et Il m’exaucera.

    Traduction et commentaires: Jacques Kohn zal (http://www.chiourim.com/zemirot-chabbat-ki-echmera-chabbat-html/)

    Charles

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  6. Béa
    LES INTERDITS DE CHABBAT

    Le chabbat est une journée en rupture avec l’activité réalisée en semaine et est consacré au repos physique, à l’étude, à la prière, à la communauté, à la famille…

    Le « oneg chabbat », la joie du chabbat est le fil conducteur de cette journée si particulière.

    Respecter les interdits de chabbat, permet au corps et à l’esprit d’être dans une posture différente de celle de la semaine.

    Les interdits de chabbat sont les 39 travaux* liés à la construction du michkan (temple portatif) dans le désert. On appelle ces 39 travaux principiels « Avot ».

    D’autres travaux dérivés de ces 39 travaux ont été décrits par les rabbins et sont nommés « toladot ».

    L’étude de ces travaux et dérivés nécessiteraient de longues heures d’étude, déjà pour les connaître et les reconnaitre dans notre vie quotidienne.

    Si certains sont facilement repérables, notamment dans les travaux pères, d’autres sont plus élaborés et nécessitent une vigilance de chaque instant.

    Si dans la règle générale de reporter « tout travail inutile » à un autre moment on y comprend facilement qu’il faut différer ses tâches ménagères, ses travaux d’écriture, ses achats, la cuisson des repas, d’autres « travaux » sont moins facilement repérables (exemple : se mettre du rouge à lèvre, se coiffer avec un peigne, une brosse épaisse ou une brosse à poils durs au risque de s’arracher des cheveux… on pourrait le faire avec une brosse souple ou un peigne avec des dents très espacées dédiés à chabbat car dans ce cas là il n’y aurait plus de risque de s’arracher des cheveux…)

    Cependant respecter ces interdits peut nous empêcher d’accomplir des mitsvot positives comme celle de se rendre à la synagogue à pieds si celle-ci est éloignée de son habitation. Dans ce cas on pourra peut être s’y rendre en transports pour s’y avancer et faire un bout de chemin à pieds pour se remettre dans l’esprit de chabbat avant d’arriver à la synagogue ou de revenir chez soi.

    De même l’interdiction du feu. S’il est aisé l’été d’allumer les bougies de chabbat avant la nuit, cela l’est moins l’hiver. Dans ce cas là également il semblerait préférable de procéder à l’allumage des bougies que ne pas le faire.

    Je m’interroge également sur l’usage du téléphone. Est-il préférable de n’entrer en communication avec personne si on est seul ou de s’autoriser à appeler un ami si cela procure du plaisir et permet de rompre de l’isolement ?

    Ma difficulté pour écrire ce texte est de savoir et définir ce qu’on appelle un travail interdit.

    Si on prend les 39 avot et leurs dérivés au pied de la lettre il ne reste plus grand-chose d’autorisé…

    Faut-il se pencher sur chacun d’entre eux et peser le pour et le contre entre la transgression et la non réalisation d’une mitsva positive ou du oneg chabbat ?

    Nous pourrons en débattre ensemble, un chabbat à venir, n’est-ce pas un beau sujet de réflexion à mener ensemble pour communiquer et partager nos différents points de vue ?

    En tout état de cause, la vie prime sur tout (pikuach nefesh). En cas de danger de mort, les interdits peuvent/doivent être transgressés pour sauver une vie.

    *Ci-dessous la liste des 39 travaux pères interdits

    1: Labourer
    2 : Semer
    3 : Moissonner
    4 : Mettre en gerbes
    5 : Battre la récolte
    6 : Vanner
    7 : Trier
    8 : Moudre
    9 : Tamiser
    10 : Pétrir
    11 : Cuire
    12 : Tondre
    13 : Blanchir
    14 : Carder
    15 : Teindre
    16 : Filer (par torsion du fil)
    17 : Installer un métier à tisser/ourdir
    18 : Former une chaîne de tissage
    19 : Tisser deux fils
    20 : Détisser (séparer) deux fils
    21 : Nouer (faire un nœud)
    22 : Dénouer
    23 : Coudre (deux points de couture)
    24 : Déchirer/Découdre en vue de recoudre
    25 : Construire
    26 : Démolir (en vue de construire)
    27 : Donner un dernier coup pour achever un travail
    28 : Chasser / Capturer un animal
    29 : Abattre une bête
    30 : Dépecer

    31 : Tanner

    32 : Lisser/préparer la peau
    33 : Découper la peau
    34 : Ecrire
    35 : Effacer
    36 : Gratter (le parchemin pour écrire dessus)
    37 : Allumer un feu
    38 : Éteindre un feu
    39 : Sortir du domaine privé au domaine public ou inversement

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