Une femme peut-elle porter le taleth ?

Le Taleth est un symbole important dans la tradition juive. Le Rabbin Yann Boissière et la commission « affirmer notre identité » ont voulu partager leur approche de la prière juive dans un petit livret accessible au MJLF. Cet article en reprend des extraits. Merci à eux pour ce partage.

● Le taleth est un châle de prière. Outre que le porter est un commandement de la Torah (Nbr. 15, 37-41 ; Deut. 22, 12), sa signification est hautement symbolique, car ses franges rituelles (appelées « tsitsith ») nouées aux quatre coins représentent les mitsvoth (« commandements »). Se revêtir du taleth, c’est donc manifester de façon très concrète son acceptation des enseignements du judaïsme.

● Selon un principe soutenu par le judaïsme traditionnel (et contesté par les mouvements libéraux), les femmes seraient exemptes de tous les commandements positifs (les commandements de la forme « tu feras ») liés à un temps précis. Le port du taleth fait partie de cette catégorie de commandements et, à ce titre, les femmes en seraient dispensées. En pratique, les femmes ne portent pas le taleth dans les synagogues traditionnelles – notons au passage que « l’exemption » s’est muée, ici comme en de nombreux autres domaines, et de façon tout à fait indue, en « exclusion ».

● En revanche, dans les synagogues libérales, et appliquant en cela le principe d’égalité qui est un des piliers des mouvements libéraux, les femmes peuvent porter le taleth si elles le souhaitent (de même que la kippa, de même que les tefillines).

Libéral ou orthodoxe, l’essentiel est de respecter son prochain!

Ce titre un peu provocateur est l’occasion d’attirer votre attention sur deux nouvelles pages du site, qui correspondent aux documents étudiés lors de notre dernière session.
Mieux comprendre l’histoire du judaïsme au XIXe et XXe siècle est essentiel pour s’orienter dans le paysage juif moderne.
Nous avons donc abordé ce dimanche le thème de l’importance de l’histoire et de la mise en perspective des pratiques juives en fonction de leur contexte culturel, temporel et géographique.
Il est évident d’un point de vue sociologique que le judaïsme a évolué au cours du temps, et fort heureusement, c’est une évidence pour les sources juives elles-mêmes, du Talmud au ChoukHane arouH. Bien entendu cette question a pris une importance particulière avec le développement des sciences sociales en occident qui ont enrichi la panoplie des outils de contextualisation historique.
Nous avons développé ces questions et évoqué quelques références centrales les concernant. Vous pouvez trouver ces éléments sur la page suivante: https://devenirjuif.wordpress.com/materiel-pedagogique/courants-liberal-orthodoxe/

Par ailleurs, les commandements vis-à-vis du prochain nous concernent tous, à chaque instant de nos vies. Qu’il s’agisse des règles concernant la parole bienveillante et l’interdiction du lashon hara, ou de l’injonction d’entre-aide dans les moments difficiles, nous faisons sans cesse fasse à des situations qui exigent de nous le meilleur de nous-mêmes. Ces thèmes ont été abordés, et feront je l’espère l’objet d’une étude plus approfondie. Vous trouverez les notions centrales sur le lien suivant: https://devenirjuif.wordpress.com/materiel-pedagogique/commandements-prochain/

Enfin, nous avons également chanté des citations des pirké avot et des psaumes qui illustrent ces problématiques, vous trouverez cela sur le lien suivant: https://libertejuive.me/pensees-et-hidouchim/a-suivre/fichiers-audio/chants-re-devenir-juif/ (il s’agit d’un site différent qui accepte les fichiers son)

Tel était donc notre programme du week-end dernier.

Ce dimanche à Ganénou, nous parlerons des mélanges culturels dans la torah ainsi que des bénédictions quotidiennes…

שבת שלום לכלם

Pourquoi met-on une kippa ?

La kippa est un symbole important dans la tradition juive. Le Rabbin Yann Boissière et la commission « affirmer notre identité » ont voulu partager leur approche de la prière juive dans un petit livret accessible au MJLF. Cet article en reprend des extraits. Merci à eux pour ce partage.

● Le port de la kippa est un signe de respect envers Dieu. Le mot provient d’une racine hébraïque signifiant quelque chose de « concave », et le mot kippa sert, par exemple, à désigner un « dôme ». Certains y voient également la symbolique de la voûte céleste, et en tout état de cause, il s’agit bien, en plaçant un petit bout de tissu sur notre tête, autrement dit à l’endroit le plus élevé de notre corps — source éventuelle de fierté, voire d’arrogance –, de reconnaître qu’il existe au dessus de nous une entité exigeant de notre part une certaine modestie et l’humble reconnaissance d’une puissance qui nous est supérieure.

● Toute personne qui pénètre dans une synagogue doit porter une kippa ; d’une manière générale, c’est une obligation pour les moments de prières et d’étude. Historiquement, la pratique s’est développée tardivement. Bien que le Talmud fasse mention de Sages qui ne parcouraient pas plus de quatre coudées la tête découverte, la pratique était clairement identifiée comme un surcroît de piété et ne s’est généralisée que pendant le Moyen Age.

● Il n’existe pas d’obligation biblique ou rabbinique de porter la kippa dans l’espace public. Cette pratique ne constitue pas l’accomplissement d’un commandement, mais une affirmation identitaire. La décision en incombe au seul libre-arbitre des fidèles.

Chavouot 5776: Sommes-nous tous des convertis ?

Chavouot ne serait-elle pas la fête de la conversion? Ruth en est l’héroïne, l’accueil de la Torah en est le centre… Telle sera notre thématique pour la soirée ce Chavouot de cette année…

Avatar de Floriane ChinskyFloriane Chinsky

Chavouot, don de la torah tables de la loi

Chavouot est la fête de la réinvention du Judaïsme, de la réception renouvelée de la Torah, reçue par tout le peuple au moment du Sinaï et par chacun d’entre nous, chaque année.

Nous sommes tous des convertis. Nous nous reconvertissons chaque année, nous recevons la Torah à Chavouot, nous faisons téchouva à Kipour. Nous gardons une alliance qui se renouvelle et nous grandissons dans cette alliance.

Le dire ainsi semble provocateur, mais tels sont les termes du midrach lui-même.

En cette période où ceux qui désirent rejoindre le peuple juif sont parfois très mal accueillis, nous tenons à remettre l’accueil au centre de notre étude, l’accueil que la tradition nous ordonne.

En ce jour de réception renouvelée de la Torah, c’est la conversion qui sera à l’honneur. Et tout naturellement, Ruth sera notre héroïne…

 

18h45 office/dracha

D’Abraham à Ezra en passant par Moïse, Sarah et…

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Programme re-devenir Juif 2016/2017

Le programme de l’année 2016/2017 est disponible en téléchargement sur le lien suivant: programme détaillé cycle re-devenir juif

conversion au judaïsme
Etude complète du judaïsme

12/13 mars La prière de l’étude de la Torah
Prières : Chéma 1
Rachi : le temple, le avoda et avodat halev Pedago/Moïse, Dieu, négociation
Conclusion de la première session
23/24 mars : Pourim
2/3 avril Prières : Ma tovou
Rachi : la fraternité le lachon hatov Prière juive : les grandes lignes à sidour ouvert (avec post-it)
Prière juive : le programme « grandes questions »
9/10 avril Prières :Kedoucha et ledor vador
Le Chabat Pedago/Sortie d’Egypte histoire de liberté
Cours : PessaH
22/23avr: PessaH
5 mai : Yom hashoa
12 mai : Yom haatsmaout
14/15 mai Prières : Ossé chalom
Rachi : Kedochim communiquer Commandements vis-à-vis du prochain, Lev 19 et lashon hara,
Les courants du judaïsme, Israel Salanter
22 mai —- Pédago/Mélanges culturels
Les bénédictions
4/5 juin Prière : Ein kélohénou
La Torah et sa lecture Pédago/ Le don de la Torah
Cours : Chavouot
11/12 juin : Chavouot
10/11 septembre Rachi Pédago : L’histoire de Jonas
Cours : Le calendrier juif
17/18 septembre Roch hachana/ Yom Kipour Roch Hachana/ Kipour
2/3/4 oct : Roch hachana
11/12 oct : Yom Kipour
15/16 octobre Rachi Pédago : le texte de kohelet et les ados
Cours : Soukot/simHat Torah
16/17 oct : Soukot
23/24 oct : SimHat Torah
5/6 novembre Prière juive : Chéma et Amida Histoire 1
26/27 novembre Bible : Prophètes et Hagiographes Histoire 2
20/21 nov : Maison Pleine
3/4 décembre Rachi Histoire 3
10/11 décembre Histoire 3 L’Etat d’Israël, le sionisme Yom hahatsmaout, yom hashoa, tou bichevat, lag baomer Pédagogie: l’histoire de Hanouka
Cours: Michna et Talmud
24/31 dec : Hanouka
7/8 janvier Rachi : Pédago : Cycle de vie 1 : Naissance et Bar/bat Mitsva
21/22 janvier La lecture de la Torah Cycle de vie 2 : Mariage et divorce
11 fevrier tou bichevat
25/26 février Prophètes et prophétie Cycle de vie 3 : Maladie et deuil
4/5 mars Rachi Pedago : l’histoire d’Esther / Pourim
11/12 mars : Pourim
25/26 mars Le judaïsme libéral Le judaïsme libéral
Mini seder de Pessah
10/11avr(16/17) : PessaH
22/23 avril Cacherout Littérature rabbinique
13/14 mai Rachi Pedago : l’histoire de ruth
La place des femmes dans la tradition juive
20/21 mai Les grands penseurs Les grands penseurs
30/31 mai : Chavouot
10/11 juin Responsa et questions actuelles La conversion-Giour

Synthèse Session 2 et 3

Prière juive :

  • Qu’est ce qu’un miniane ? à quoi cela correspond  ?
  • Pourquoi 3 prières par jour ? Comment s’appellent-elles ? Qui a introduit cette coutume ?
  • Que signifie : prier avec cavana ?
  • Quelle est la différence entre la prière juive et la prière des autres religions monothéistes ?
Pessah :
  • Quels sont les enseignements de Pessah ?
  • En quoi cette fête est-elle importante sur le plan de l’identité juive ?
  • Pourquoi consomme t’on du pain non levé ? Pourquoi se débarrasser des hamets ?
  • Quels sont les points principaux du Seder ?
  • Pourquoi raconter une histoire aux enfants ?
  • Pourquoi cette magie avec le serpent ?

 

Comment se déroule la lecture de la Torah ?

La lecture communautaire de la Torah est le moment où la communauté porte le texte millénaire et en renouvelle le sens. La lecture du chabbat matin reprend la paracha de la semaine. Le Rabbin Yann Boissière et la commission « affirmer notre identité » ont voulu partager leur approche de la prière juive dans un petit livret accessible au MJLF. Cet article en reprend des extraits. Merci à eux pour ce partage.

■ La lecture de la Torah :
● On considère traditionnellement que Moïse a institué la lecture de la Torah les jours de Shabbath et des fêtes, tandis qu’Ezra (Esdras) aurait institué les lectures de semaine (les lundi et jeudi), ainsi que la lecture de minhah à Shabbath (Meg. 75a) ; selon une autre version (Mekhilta 45a), les lectures de semaine auraient été instituées par les « prophètes et les anciens ».
● Nos Sages ont divisé le texte de la Torah (le « Pentateuque », à savoir les cinq livres de Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome) en 54 parties, ou parashiyoth (pluriel de parasha, « section », parfois dénommée « péricope »), de manière qu’une lecture complète du rouleau de la Torah, quels que soient les décalages dus aux Fêtes, soit accomplie au bout d’une année complète.
● La fin de cette lecture et son recommencement immédiat ont lieu lors de la fête de Simhath Torah (« joie de la Torah ») qui se déroule immédiatement après la fête de Soukkoth.
● Le principe d’une lecture ordonnée de la Torah, parasha après parasha, ne s’est imposée que progressivement, à l’époque des tannaïm (les Sages auteurs de la Mishna, qui ont vécu entre 1 et 200).
● La division en 54 parashiyoth exactement est tardive ; elle n’a été fixée définitivement qu’à la période des guéonime, les générations de Sages qui ont suivi la clôture du Talmud après 500.
● La division en chapitres est le fait d’Etienne Langton (1155-1228), évêque de Canterbury.
● La division en versets, quant à elle, est généralement attribuée à Robert Estiennes (1503-1559), imprimeur du roi François 1er exilé à Genève en 1552, pour son édition de l’Ancien Testament de 1553.

■ Le minhag (« coutume ») libéral – une lecture triennale du texte :
● Il existait à l’époque talmudique deux minhaguime concernant la façon de lire le texte de la Torah.
● Le premier, en vigueur dans les communautés de Babylonie, procédait à une lecture intégrale de la parasha chaque semaine ; le deuxième, en vigueur en Erets Israël (Palestine), ne parcourait chaque semaine qu’un tiers de la parasha et ne complétait ainsi la lecture totale du séfère qu’au bout de trois ans, voire trois ans et demi. C’est ce dernier mode que l’on appelle « lecture triennale ».
● Les communautés libérales, dès le 19e siècle, ont repris cette lecture triennale, à la fois pour abréger les offices, mais aussi dans un souci de compréhension : ce qui est cantilé en hébreu est la plupart du temps traduit et relu (ou paraphrasé, ou commenté) en français, afin que chacun se pénètre bien du texte.

■ Les aliyoth (« montées [à la Torah] »), le shomère (« gardien ») et les dons :
● Sept personnes sont appelées à la Torah le samedi matin. Au temps du Talmud, ces personnes lisaient elles-mêmes dans le séfère-Torah, mais cette compétence s’étant progressivement perdue, la coutume consiste depuis lors à ce que le olé (la personne qui « monte ») prononce une bénédiction avant et après la lecture, cette dernière étant assurée par l’officiant.
● Dans nos communautés libérales, femmes et hommes montent indifféremment à la Torah (seuls les hommes montent dans les communautés traditionnelles). Les qualités de cohen ou de lévi n’étant plus considérées comme des statuts à la certitude historique indubitable, les priorités de lecture qui leur sont traditionnellement attribuées (le cohen montant en premier, le lévi en deuxième) ne sont plus observées.
● Le shomère (« gardien ») est la personne qui, lors de la lecture, vérifie que le texte est correctement prononcé et cantilé. Alors que le séfère-Torah ne comporte ni voyelles ni ponctuation, il dispose d’un livre spécial (le « tikkoune ») pourvu de toutes les indications nécessaires. L’exactitude du texte est chose si importante que le shomère n’hésite pas à reprendre le lecteur à haute voix si une erreur est commise.
● « Monter » à la Torah constitue un honneur, et soutenir financièrement la communauté où l’on prie est une mitsva (un « commandement »). C’est pourquoi les Sages ont institué une politique de don obligatoire : toute personne qui monte a le devoir de faire un don à la communauté (ou une promesse de don, pour ne pas briser la sainteté du Shabbath). Ces dons sont annoncés publiquement dans maintes synagogues traditionnelles ; ils ne le sont pas dans les synagogues libérales, mais l’obligation n’en demeure pas moins…

Comment se déroule l’office du samedi matin?

L’office du samedi matin est le moment où la communauté se retrouve pour célébrer le Chabbat, prier et étudier. Le Rabbin Yann Boissière et la commission « affirmer notre identité » ont voulu partager leur approche de la prière juive dans un petit livret accessible au MJLF. Cet article en reprend des extraits. Merci à eux pour ce partage.

L’office comporte cinq grandes parties, plus la partie consacrée à la lecture de la Torah.

■ Les birkhoth ha-shahar, « bénédictions du matin » :
Ces bénédictions expriment, à travers notre expérience corporelle du renouveau matinal, notre reconnaissance envers Dieu qui renouvelle sans cesse l’œuvre de la Création et redonne vie au monde tout entier.

■ Les pesouké dé-zimra, « versets du chant » :
● Une série de psaumes constitue l’essentiel de cette partie, dont le thème principal est la louange de Dieu (hallélou yah, « louez Dieu »).
● Cette partie est encadrée par deux bénédictions : la bénédiction initiale du Baroukh shé-amar (« Béni soit celui qui a parlé [et le monde fut]) et la bénédiction finale du Yishtabah (« qu’il soit loué »).

■ La prière du Shema Yisraël (« écoute Israël ») encadrée de ses bénédictions :
● Pour un commentaire sur cette partie, voir ci-dessus à « office du vendredi soir ».
● Lors de l’office du matin, les bénédictions qui encadrent le Shema sont ramenées au nombre de trois.

■ La Amida (« prière debout ») :
Voir ci-dessus à « office du vendredi soir ».

● La lecture de la Torah :
Cette partie fait l’objet d’un développement spécifique (voir ci-après).

■ Les prières conclusives :
Après l’ascension progressive des quatre premières parties, cet ensemble, composé de prières diverses, représente en quelque sorte une façon de « redescendre sur terre ». Parmi les prières remarquables de cette partie, on retrouve :
● Le Alénou léshabéah (« à nous de louer ») : cf. commentaire du vendredi soir.
● La Hashkava (« rappel des noms de nos disparus ») : cf. commentaire du vendredi soir.
● La prière pour la France : formulant le vœu de la paix de l’Etat et de ses dirigeants, elle exprime le lien indéfectible et la profonde compatibilité de nos valeurs avec celles de la République.
● La prière pour Israël, quant à elle, exprime le lien de fraternité qui unit Israël et la diaspora, et notre souci que soit instauré au Moyen-Orient une paix juste et durable.
● La prière finale du Eïne kélohénou (« Nul ne ressemble à notre Dieu »).